Etrange Comédie

Si vous me connaissez un peu ou si naguère vous m’avez suivie sur Charogne Stoned, vous n’ignorez pas que je vénère grave Véronique Sanson.

Aussi, lorsque j’ai eu vent qu’elle repartait en tournée pour chanter ses « années américaines », mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai acheté illico ma place et j’ai attendu impatiemment que mon heure vienne.

Jeudi, Mum et moi même, nous nous sommes offertes une virée vers la grande ville pour aller acclamer notre Diva.
L’escapade était planifiée depuis le trosième mois de grossesse, pour te donner une idée de la dimension de l’affaire.
Au programme, y’avait le shopping pour l’enfant Roi et du champagne pour notre jovialité (la soif est une chose dangereuse!)

Ce virage américain, c’est carrément mon époque et j’ai consigné pieusement dans ma tête les paroles guérisseuses et didactiques de chacune de ses chansons. Retrouver la Véro de mes 16 ans, c’est  un peu comme exhumer ma  jeunesse ,  revenir sur des pans entiers de ma vie, sur ses chagrins et rejoindre en quelques notes,  celles et ceux qui l’ont traversée.

Lorsque je l’ai vue surgir du fond de la scène et entonner a cappella les premiers mots de Vancouver, je me suis dis qu’elle était enfin venue, mon heure.

Le grain velouté et encore tiède de sa voix évinca  en moins de rien son costume de rockeuse et c’est tant mieux,  elle est tellement plus belle dans  sa veste en  lamé bleu.

J’étais certaine de chavirer à l’écouter me raconter son exil et ses orages, les titres se sont enchaînés et je suis restée  plantée au bord du chemin.

Je ne suis pas rentrée dans le show !  Ou peut être, tant s’en faut, n’ai-je pas su outrepasser le show.

Sans doute est-ce les lacunes du récital qui m’ont chagrinée, je lui en ai un peu voulu de zapper des titres comme « Toute une vie sans te voir » « J’ai perdu ton adresse » « Redoutable » « Dis lui de revenir » « Sad Limousine » ou « Etrange comédie ».

Tout d’un coup j’ai complètement décroché, j’ai commencé à me raconter qu’il y avait trop de musiciens ou qu’ils jouaient trop fort, j’ai bloqué sur les écrans-hublot en mode diaporama pour nous raconter son Amérique, je me suis demandée à quoi servait les immenses miroirs de chaque côté de la scène, j’ai pas compris l’éclairage mauve et rouge, j’ai trouvé le zénith effroyablement gris et effroyablement froid, j’ai de nouveau blâmé la veste  frangée et perlée improbable, même dans les vitines d’Aubervilliers.

J’ai un peu rongé mon frein, puis j’ai tenté de me ressaisir. (Je suis la personnification de l’optmisme)!

Alors, je me suis amourachée de son vieux trompettiste, Steve Madaio, je ne l’ai plus lâché des yeux tout en me demandant si la beauté était bel et bien une promesse au bonheur.

Je ne sais combien de temps je suis restée suspendue au charme et à la grâce du vieux sage, à un moment j’ai retrouvé mon étoile qui saluait un public transporté et conquis.

A un jet de pierre d’Elle, une fan faisait l’impossible pour  lui offrir un bouquet. Elle ne l’a pas vue.

Elle est revenue fermer la boutique,  seule à son piano, et c’est vraiment là que moi, je la trouve la plus belle.

« Amoureuse », « Ma révérence » et « Bahia », trois titres hors période yankee mais qui, pour le moins ont mis tout le monde d’accord: cette fille est bel et bien une Reine.

Hier, j’avais comme un petit goût amer dans  le coeur comme quelqu’un qui a raté des retrouvailles et qui pleure un amour converti en tendresse.

Ce matin, les choses sont rentrées dans l’ordre, je lui ai tout pardonné. Oui, TOUT. Même les franges!

 

by Mamik

Rendez-vous sur Hellocoton !

0 comments on “Etrange Comédie

  1. Bravo pour ce mot, Pascale, tu sais tellement bien nous faire partager tes émotions! Je pense qu’on idéalise toujours un amour de jeunesse, mais les années passent et, comme nous, les artistes vieillissent et évoluent en fonction de leur vécu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *