Working mom

A moins de s’appeler Rachida Dati ou d’être africaine et de retourner illico piler le manioc avec son moutard accroché dans son dos, en principe, comme l’autorise le droit français, une trêve nous permet de  faire le pont pendant dix semaines après un accouchement.

Dix semaines, c’est soixante-dix jours et c’est quand même un peu maigrichon pour se remettre de la révolution d’une grossesse, s’initier au métier de maman et nouer des liens fondamentaux avec son bébé.

C’est comme ça, dura lex, sed lex!

Bien sûr, on peut s’offrir le luxe de rester chez soi.

Néanmoins, s’arrêter implique  souvent des sacrifices comme fermer son compte Paypal, répudier Zara Baby ou boycotter les vacances.

Ben voyons, tant qu’on y est on peut aussi vivre à la lueur de la bougie, marcher pieds nus et manger du riz!

C’est un dilemme bien cornélien que de sauter le pas et de faire le bon choix.

Avant de me faire écharper par une horde de FAF (femmes au foyer), je tiens à préciser que je ne prône ni ne conteste aucune alternative, chacune agissant comme elle le veut et surtout comme elle le peut.

Cela dit, quand il lui a fallu à Elle, reprendre le chemin du bureau, dire que ses tripes se sont retournées serait un euphémisme.

Pourtant aprés une petite semaine, le bilan est quoi qu’il en soit plus que positif.

Pouponner, choyer, dorloter, chouchouter, nourrir sa progéniture c’est de l’or, n’empêche qu’arrive un moment où les zygomatiques à force de se contorsionner pour interagir avec le bébé commencent à se courbaturer, et les neurones franchement à s’ankyloser!

Elle a tout de suite adhérer au fait que reprendre une vie sociale ne saboterait en rien son quotidien. Réfléchir, analyser, raisonner, débattre c’est si fort ancré dans son tempérament que tôt ou tard ça serait venu fortement à lui manquer! Si sans conteste, l’enfant est une source de joie, le travail est une source d’accomplissement et d’équilibre.

Même bénéfice pour le baby Yaya, qui non seulement va pouvoir progresser et grandir ailleurs que dans le giron maternel, s’ouvrir au monde, appréhender les murs colorés de la crèche, (son home sweet home est immaculé!) et en prime retrouver le soir une maman boostée par une parenthèse intellective.

Lorsqu’on vit en huis clos avec son loupiot, on a tendance à zapper le vomi sur le tricot, ou à surseoir couramment l’heure de la douche pour se retrouver harassée et hirsute à six heures du soir! Retravailler signifie sortir,  arpenter la rue le nez au vent,  et par là même s’astreindre à une certain effort de coquetterie et d’élégance.

Retravailler, c’est remettre en selle ses méninges engourdies et rafraîchir les données de son disque dur, retravailler, c’est rencontrer des gens, apprendre et échanger.

Retravailler, c’est s’accorder des petites récrés avec des copines, des déjeuners en terrasse qu’on réserve avec légèreté sans se soucier de savoir si le resto est équipé d’une table à langer ou d’un chauffe bib.

Retravailler, c’est profiter de la pause déjeuner pour justement ne pas déjeuner et s’offrir des petits moments volés, que cela soit un UV, un joli collier ou une petite sieste en loucedé.

Retravailler, c’est apprécier l’admiration dans les yeux de son double (c’est très sexy l’admiration!) et  la fierté dans ceux de son enfant.

Retravailler, c’est faire perdurer la liberté conquise par nos mères et nos grands-mères.

Retravailler, c’est gagner son indépendance et appelons un chat un chat c’est se garantir un filet de sécurité financier.

Retravailler, c’est finir par se plaindre de n’avoir plus le temps de rien, mais une fille ça se plaint toujours, il paraît…

 

by Mamik

 

 

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